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Bienvenue sur le blog "Mémoires d'Amikuze".
Ce blog a pour but de mettre en ligne toutes les informations, photos, anecdotes sur l'histoire de Saint Palais et des communes environnantes.
Il est alimenté par les réalisations de personnes venues à la Cyberbase Amikuze "donner" un peu de leurs souvenirs pour les générations futures.
Toute personne désireuse de participer à ce projet est la bienvenue le mardi matin de 10h00 à 12h00 à la Cyberbase de la Pépinière d'Entreprise Indar.
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Courses de chevaux à Bordaberry pendant les fêtes de Saint Palais.
Monsieur De Saint Jayme , maire de Saint Palais, donnant le départ de la course.
Photos de Mr Jacob.
Voici quelques photos de classe de l'école publique de Saint Palais ...
J’ai terminé mes trois ans de formation à l’Ecole Normale de Pau en juin 1940.
Jeune, enthousiaste, il me tardait d’entrer dans « la vie active ». Je précise que nous étions en « zone occupée » par les Allemands.
Octobre 1940. Je suis nommée aux « Barthes » d’Orègue. Mon premier poste. J’exulte.
A « Laharanne », je quitte la route goudronnée et je m’engage à vélo sur un chemin semé d’embûches, où je risque maintes fois de « crever » (mon pneu selon l’expression consacrée). Et comme je ne savais pas « réparer », mon frère m’accompagnait. En poste en Alsace, il avait eu quelques ennuis avec les Autorités Allemandes, et avait jugé prudent de « se mettre au vert » au Pays-Basque.
Une vingtaine de kilomètres, parcourus ainsi. Elle est au « bout du monde » mon école !
Miracle ! à un détour du chemin, elle apparaît.
Neuve ! pimpante ! un joyau dans un environnement austère.
La salle de classe au rez-de-chaussée. Le logement à l’étage.
Avant d’atteindre l’école, à droite une ferme béarnaise chez ‘haran’, où on m’a prise en pension, en attendant que je m’occupe de mon logement. A gauche, une ferme basque chez ‘Etcheverry’ Deux femmes, des bourreaux de travail qui remplaçaient, dans les travaux des champs, les hommes mobilisés Elles me fournissaient les légumes pour ma cuisine .Quand j’ai été payé ma première note, l’une m’a dit :
_ « et ‘persilla’». Radinerie ? Je ne crois pas. Mais réalité des dures conditions de vie des agricultrices, dans certains coins perdus du Pays-Basque, à cette époque. La guerre terminée, elles se sont mariées loin des Barthes. L’une à Arnéguy, où elle serait décédée jeune, usée par le dur labeur des années de guerre. Je n’ai pas de souvenirs précis sur le ‘devenir’ de la seconde.
Ma salle de classe : claire, agréable.
Je ne peux qu’y faire du bon travail (présomptueuse jeunesse !).
Tous les jours j’avais la visite du facteur. Quand il y avait du courrier, il le distribuait aux élèves. Ce n’était pas réglementaire, mais il en prenait le risque, et s’évitait ainsi de longs déplacements dans des fermes éloignées. Heureusement, le courrier était rare, dans ces coins reculés de la campagne, à cette époque.
C’était mon homme à tout faire. Il m’a préparé le poêle et son tuyau pour l’hiver. IL m’a placé des étagères là où j’en avais besoin. Parfait « bricoleur », il m’a rendu de multiples services.
Et geste inestimable, en ces périodes de restriction, il m’apportait de la viande du bourg d’Orègue, à des prix plus que raisonnables.
Au bourg, il était facteur, coiffeur, boucher à l’occasion. Un « touche à tout » de génie.
Qu’êtes-vous devenu Mr Sabarots ?
Il a fallu meubler mon appartement. Mes parents s’en sont chargés. La camionnette est partie de Saint-Palais et à Bardos, est descendue sur les Barthes. Six kilomètres de chaussée carrossable.
Dés lors, j’ai remisé le vélo, et j’ai gagné Saint-Palais en prenant le bus à Bardos.
Mon logement est clair et spacieux. J’avais mon « chez moi ». Il n’y avait pas d’électricité, mais une lampe à pétrole. Et je dois à un vieil ami de la famille, grossiste à Saint-Palais, de m’avoir dépannée.
Mon passage aux Barthes m’a profondément marquée. Ma vie s’y était bien organisée. J’étais heureuse.
Je suis retournée aux Barthes en 2009. Sylvie m’a fait l’immense plaisir de m’y conduire en voiture. La route de Laharanne aux Barthes est goudronnée. Mais elle m’a parue toujours aussi longue. Toujours cette impression de « bout du monde », malgré les fermes neuves et leurs terres cultivées qui agrémentent le parcours.
Tout a changé aux Barthes. Le progrès est passé par là. Il y a l’électricité, un fronton, une chapelle inaugurée en 1954. Le quartier s’est construit.
J’ai retrouvé mon école (transformée) : au rez-de-chaussée, une salle des fêtes ; à l’étage, l’appartement est loué.
J’ai retrouvé la ferme ‘Haran’, qui s’est développée, toujours très bien entretenue.
J’ai retrouvé la ferme ‘Etcheverry’, en mauvais état (elle date de 1814). Les propriétaires ont des projets sur son utilisation. Une maison a été construite sur le potager.
Je suis rentrée à la maison
mélancolique. Nostalgie d’une époque révolue où j’étais heureuse.
La fête du quartier des
Barthes a lieu à Pentecôte, le samedi soir, animée par les « jeunes » du quartier.
A suivre ...